Lettre à ma soeur

« Nulle amie ne vaut une soeur. » 

Extrait du Goblin Market de Christina Rossetti

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Je me souviens comme si c’était hier de ton arrivé dans ma vie…

À l’époque j’étais trop jeune pour me rappeler le jour exact où nous nous sommes rencontrées pour la première fois, probablement quelques heures après ta venue au monde le 29 juillet 1994. Âgée de 2 ans et des poussières, je ne devais pas non plus avoir une compréhension de la naissance très développée. Néanmoins, j’ai le souvenir d’être assise dans mon banc d’auto, papa au volant, en compagnie de nos grands-parents maternel et que dans la camionnette jouait une cassette du livre de la jungle de Disney, pour mon plus grand bonheur j’en suis certaine !

Je te raconte ça parce que ce souvenir est très vivant dans ma mémoire, bien qu’il soit vieux de 19 ans déjà. C’est comme si mon cerveau gardait ce moment dans un tiroir très précieux, afin que je puisse toujours me remémorer cette journée qui changea ma vie.

-Je te l’ai déjà dit, mais c’est ce qu’il y a de plus sincère, le plus beau cadeau que j’ai eu dans ma vie, c’est toi.-

 On m’a raconté que j’étais très attaché à toi, que dès nos premières années de vie commune nous avions une belle complicité, quelques accrochages certes, mais la plupart du temps nous nous entendions très bien. J’ai toujours trouvé que tu étais le plus beau bébé du monde, comment te résister !

Plus nous grandissions, plus je prenais mon rôle d’aîné au sérieux. Et je dois avouer que ça n’a pas vraiment changé, et ça ne changera probablement jamais! Je me revois jouer au professeur avec toi pour t’enseigner la lecture et l’écriture avant ton entrée à l’école primaire. Ne m’en veux pas pour les après-midis de dure labeur que je te faisais endurer, je voulais seulement que tu sois la meilleure. Et quand tu avais de la peine parce qu’un enfant avait été méchant avec toi, j’aurais voulu prendre ta peine sur mes épaules. J’aurais tout fait pour te rendre heureuse, telle la deuxième mère que j’ai semblé être. Nous avons partagé une enfance heureuse, où nous étions comblées d’amour et où l’on nous a transmises de bonnes valeurs.

Puis nous avons vieillis.

L’adolescence fût une période plus ardue à gérer pour ton caractère de lionne. Nous avons traversé des épreuves difficiles qui ont brouillées certains liens entre nous. À cette étape de ta vie, tu reniais les bons conseils de maman et grande-sœur pour tracer ton propre chemin dans la vie, ce qui est tout à fait normal. Je t’ai souvent reproché ton immaturité pour ton âge. S’il y avait une part de vérité à ça je me dois d’admettre aujourd’hui que j’avais moi-même grandi trop vite. Reste que tu nous en as fait voir de toutes les couleurs ! Je me sentais impuissante et ça me rongeait de ne pas pouvoir t’éviter certaines erreurs que j’avais pu commettre en passant par là avant toi.

J’ai quitté la maison à 18 ans.

Il le fallait, mais j’étais triste de ne plus partager mon quotidien avec toi. Je sais que tu ne le pensais pas, quand rouge de colère tu me criais que je n’étais plus chez moi et que je n’avais qu’à y retourner. J’ai compris que c’était ta façon maladroite de me dire que ca te faisais de la peine, à toi aussi.

-Et si j’ai posé des gestes et où dites des choses qui t’ont parues sévères ou méchantes, je l’ai fais par soucis de toi, jamais dans l’intention de te faire du mal, sois-en assuré.-

 Les années ont passées trop vite, et l’on fêtait ta majorité il y a bientôt 2 ans de cela. Je t’ai vu obtenir ton premier emploi. Je t’ai vu terminer ton secondaire, dans ta robe de bal, resplendissante de beauté. Je t’ai vu prendre le volant de ta première voiture. Je t’ai vu devenir une femme.

Un véritable choc mais en même temps une immense fierté. Parce que tu es une femme exceptionnelle. Tu es belle, tu es drôle, intelligente et de plus en plus responsable et mature. Tu as de quoi être fière !

Nous avons retrouvé notre complicité d’autrefois. Depuis quelques mois, nous avons commencé à nous mettre en forme, pour être en meilleure santé mais aussi en prévision de nos vacances de cet été. Toute la famille s’y est mise. Chaque jour, lorsque je grimpe sur mon vélo, j’ai une pensée pour toi qui se lève à 7h le matin pour courir 25 minutes.

-Tu es devenu mon inspiration, ma motivation !-

 Et maintenant, si je pouvais me permettre un dernier conseil, je souhaiterais qu’à l’avenir tu sois plus conséquente dans tes choix de vie, que tu développes cette conscience de l’impact qu’auront tes décisions sur ton futur, parce que personne d’autre ne pourras le faire à ta place.

Ceci étant dit, je te promets que je serai toujours là pour toi.

Nous vivrons certainement de très beaux moments dans les années à venir, mais il  y en aura assurément des moins faciles à traverser et je veux que tu saches que je ne te laisserai jamais tomber. Tu pourras compter sur moi.

-Je veillerai sur toi, jusqu’à mon dernier souffle.-

Je t’aime

Ta sœur.

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Chloé Leblanc

Crédit photos : Étienne Boucher Cazabon

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