Les femmes en cuisine!

Dans le cadre de la série portrait et en restant dans la lignée des femmes qui se démarquent, voici le portrait fort intéressant de Mélissa Clément, une femme dans un milieu majoritairement masculin: la cuisine.

Mélissa Clément, 31 ans, chef formatrice à la Tablée des chefs

Mélissa a aujourd’hui 31 ans, après avoir débuté un DEC en arts plastiques, avoir eu des enfants vers les 20 ans, elle travaille maintenant comme chef formatrice à la Tablée des chefs où elle travaille à l’éducation alimentaire des jeunes. C’est grâce à ses enfants qu’elle a pu être à l’aise de travailler dans ce milieu et ce sont les cuisines collectives qui l’ont poussé à réaliser son rêve: étudier à l’ITHQ.

Quel est ton parcours?

Je suis chef formatrice mais j’ai 15 ans d’expérience en cuisine. C’est parti du traditionel Subway, Valentine. Par la suite, je me suis démarquée, j’ai toujours aimé ce milieu. J’ai été pâtissière cher Loblaws et c’est à ce moment que ça s’est plus confirmé. J’ai eu des enfants très jeunes donc il y a eu une pause maman dans tout ça mais il y avait toujours un intérêt envers la saine alimentation qui grandissait. Je n’ai pas appris à cuisiner chez moi, c’était comme un besoin que j’avais, j’allais chez mes amies, je fouillais dans leur frigo et j’étais fasciné par ce qu’il y avait. Ça m’intriguait, l’intérêt était présent. Ensuite, j’ai fait des ateliers de cuisines collectives avec mes enfants. Je voyais l’animatrice et j’avais envie de prendre sa place donc c’est à ce moment, à 25 ans, que j’ai décidé de réaliser mon rêve et d’aller étudier à l’ITHQ. J’avais un dilemme  à propos de quoi étudier et c’est un article dans le journal qui m’a éclairé, ça parlait de la Tablée des chefs. Ça parlait d’une corvée qui avait eu lieu à Jean-Jacques Rousseau et ça m’a fait réalisé que la cuisine, ça pouvait être utile.

Qu’est-ce que la Tablée des chefs?

C’est un organisme à but non lucratif qui a pour but de nourrir et d’éduquer. Nourrir, c’est récupérer des milliers de portions par année. Ça fait 11 ans que cet organisme existe. Il y a 6 ans, ils ont décidés d’ajouter le volet formation. La formation, c’est éduquer, c’est prévenir la dépendance aux banques alimentaires. On va à la base, on éduque les ados, on est vraiment en milieu scolaire défavorisé principalement. On leur apprend à savoir faire des achats pour savoir quoi faire à l’épicerie. Ça leur permet de ne pas rester dans la section des surgelés puisqu’ils savent quoi faire avec leurs fruits et légumes. À la base, j’aurais aimé prendre ce cours-là. En économie familiale, on faisait des muffins et des biscuits. J’aime travailler avec les ados automnes, j’adore leur énergie, leur curiosité.

La Tablée des chefs propose des camps de jour?

L’été, je travaille dans les camp de jour. Quand je fais les camps de jour qui sont favorisés (ce sont ceux-ci qui financent ceux qui sont défavorisés), on fait 25 recettes semaines. Il réalise ce que c’est de travailler en cuisine. On travaille debout, on prend des pauses mais des petites pauses. C’est la réalité de la restauration.

Le métier de cuisinier ?

Les horaires de soir ne correspondaient pas à mon mode de vie de maman. Le meilleur de la cuisine c’est le soir, c’est à ce moment qu’on a les clients, que ça bouge. C’est un milieu, pour avoir vu beaucoup de monde, où les gens sont de passage. Le temps qu’ils ont l’énergie, souvent ils sont célibataires. C’est un blizt. Après, tu choisis de te réorienter. Si tu aimes vraiment ça et que tu as l’envie de partager et de communiquer comme moi, c’est une voie possible. J’aime bien l’aspect blog. J’étais à contrat comme chef formatrice et après avoir acquis de l’expérience, je suis capable de faire les menus, de construire les aspects du camp de jours. J’en suis fière. On développe nos programmes, on essait de rentre notre expertise disponible.

Je me suis créer un blog il y a deux ans parce que l’envie de partager était trop immense.

Photos, saveurs, couleurs…

Je trouve ça intéressant de résumer mes tranches de dégustations familiales : resto, produits, activités, etc. Ils y en a qui trouvent que ça fait un peu matante Ginette qui photographie ses muffins mais je pense que ça peux être pertinent. Il y a peu de blogs qui ont comme public cible la famille.  C’est une belle façon de rester en contact avec certains ados et adultes qui ont vraiment un intérêt pour la cuisine.

J’ai trouvé un lien avec tout ce qui est possible de faire avec les ateliers pour adultes. Lorsqu’on passe un moment, deux ou trois heures avec quelqu’un et qu’on a envie de rester en contact, c’est une belle façon de le faire.

Quelle est la place des femmes en cuisine?

J’ai fait un programme avec Emploi-Québec pour lequel il fallait avoir de l’expérience dans le milieu. Il y avait un tiers de femmes pour deux tiers d’hommes. Quand je suis arrivée dans la réalité des cuisines, c’était plus rare les femmes. J’ai fait quelques stages, j’ai remarqué une tendance où la femme doit prendre sa place, elle doit se démarquer et prouver doublement qu’elle est capable d’en prendre. C’est un milieu qui est très difficile physiquement. À l’époque de la pâtisserie, c’était la même chose. Je devais être capable d’être debout, de lever des poids. Même enceinte et syndiquée je devais lever des immenses sacs à poubelle à la fermeture. Les femmes sont souvent mises à l’épreuve. Très peu de femmes enseigne à l’ITHQ.

La femme va souvent devoir se développer une attitude gars. Je ne m’identifiais pas à ça. Ça ne me tentait pas de devoir prouver que j’étais un homme macho. Par contre, ça dépend des cuisines.

Je crois qu’un respect, ça se gagne. Je garde mes groupes toutes l’année, mes jeunes ne décroche pas, ils ont un intérêt. Je vois qu’avec les années, il faut créer un lien de confiance.

Mais ça existe des belles cuisines?

Ça existe des cuisines heureuses, je ne peux pas dire que ça n’existe pas. La meilleure cuisine où j’ai travaillé c’était avec Patrice Demers et Marc-Andrée Jetté, j’ai été engagée suite à mon stage. Ce n’est pas vrai que les cuisiniers envoient tout le temps promener les chefs et vice-versa. Le respect est rare mais possible. Il y a des exceptions, on évalue beaucoup une cuisine heureuse si les gens se parlent durant le ‘’staff meal ‘’.

Vous pouvez visiter son blog pour en connaître plus sur elle: www.goutation.ca

Et si vous êtes curieuse à propos du nom du blog…

<<Goûtation: action de goûter. C’est une invention de ma fille. Déguster c’est dégustation. Ma fille a déduit que goûter devenait goûtation et elle y tient encore aujourd’hui à son mot!>>

Marianne Durand

Merci à Mélissa Clément pour son temps et sa collaboration!

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