Ces adolescentes courageuses

Avec la disparition des valeurs religieuses, la légalisation de l’avortement et les nombreuses campagnes de prévention pour favoriser les moyens de contraception, les probabilités qu’une adolescente se retrouve à occuper le métier de mère à temps plein sont faibles. Pourtant, au Québec, le phénomène est beaucoup plus présent qu’on le croit. Chaque année, environ 10 000 jeunes filles âgées entre 12 et 18 ans connaissent une grossesse et environ 3600 d’entre elles se retrouvent à occuper le poste de mère, de façon volontaire ou involontaire. Certaines d’entre elles reçoivent de l’aide de leur famille et de leur entourage pour accomplir cette tâche. D’autres se retrouvent seules à assumer le choix d’élever l’enfant qu’elles ont mis au monde. Le défi est plus élevé lorsque ces filles concilient leur rôle de parent et d’étudiante. Il n’est sans doute pas évident de tenter de comprendre les fondements historiques du Québec, où maîtriser des fonctions mathématiques lorsque l’on doit passer de courtes nuits, à allaiter et changer des couches fréquemment entre le peu d’heures de sommeil connu pour faire taire les pleurs de son nouveau-né.

Les commentaires péjoratifs à l’égard des mères adolescentes sont omniprésents. Se faire juger et critiquer par la société fait partie du quotidien de ces jeunes mamans. « À quoi bon élever un enfant quand toi-même tu en es un? » ou encore « Si tu gardes ton enfant, tu vas ruiner ta vie, sale traînée. » sont des commentaires qu’elles entendent à maintes reprises par leur entourage et même par des étrangers.  Oui, ces commentaires peuvent affecter leur moral et leur confiance en elles. Par contre, cela peut aussi les pousser à dépasser leurs limites et à redoubler d’efforts, afin de se prouver qu’une bonne partie de la société vit dans le tort en sous-estimant leurs aptitudes. 

Existent-ils des organismes et des ressources d’aide qui peuvent faciliter la tâche aux mères adolescentes? Oui, ils sont présents. Par contre, il n’en a pas assez et ceux qui existent ne sont pas assez reconnus auprès de celles dans le besoin. Maryse Meunier, enseignante à l’école secondaire montréalaise Rosalie-Jetté, spécialisée pour les mères adolescentes, affirme avoir des craintes sur le manque de connaissances des futures  jeunes mères vis-à-vis l’existence de ces ressources d’aides. Souvent, le personnel de la CSDM (Commission Scolaire de Montréal) ne réfère pas les étudiantes vivant des grossesses aux écoles spécialisées pour elles, préférant les laisser terminer leurs études à l’école qu’elles fréquentent déjà.  Le gouvernement du Québec devrait prendre des mesures nécessaires pour faire reconnaître les organismes d’aide et les écoles spécialisées par l’entremise de publicités et de campagnes d’informations auprès des écoles secondaires régulières. Les infirmières et les psychoéducatrices travaillant dans ces écoles devraient référer les filles enceintes à ces organismes qui sont spécialisés pour les aider en leur fournissant un support psychosocial.

En tant que citoyen, plutôt que de dénigrer celles qui réussissent à concilier le travail de mère et les études (car oui, un grand nombre d’entre elles réussissent à  exercer les deux fonctions), il faudrait leur faciliter la tâche et surtout, cesser de les considérer uniquement comme étant des personnes marginales de la société. Malgré qu’elles aient une expérience de vie moins élargie que la majorité des adultes, les mères adolescentes sont aussi capables de prendre soin d’un enfant, de l’aimer et de tout donner pour que ce dernier soit heureux.

 Agathe Dessureault

Remerciement à Mme Maryse Meunier, enseignante en sciences sociales à l’école secondaire Rosalie-Jetté, pour avoir accordé de son temps à une entrevue!

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