Tortures modernes

Tortures modernes

Collaboration spéciale: Par Monika Wright

Durant la Seconde Guerre mondiale, les techniques les plus folles ont été inventées pour torturer ennemis et simples innocents. Aujourd’hui, l’utilisation des techniques traditionnelles de torture est devenue assez rare, on pourrait même dire qu’elles n’existent tout simplement plus. Mais non, détrompez-vous! La torture existe toujours, on l’appelle la STM.

Oui, c’est vrai que c’est un petit peu exagéré de comparer les chambres à gaz avec la Société des transports de Montréal, mais il faut quand même avouer qu’il existe des ressemblances… Durant les heures de pointe, on pousse une quantité incroyable de gens qui ne se connaissent pas dans un ridicule petit espace fermé beaucoup trop chaud. L’air est quasi-inexistant en plus de l’odeur nauséabonde qui s’y échappe. Bien sûr, il n’y a pas de jets de cyanure d’hydrogène, mais les gaz, eux, sont de bien là.

Aujourd’hui, c’est assez rare que nos ennemis nous séquestrent pendant des jours et nous laissent couler, aux quelques secondes, une goutte d’eau sur notre front jusqu’à ce qu’on devienne complètement fou. Non, mais à la place, il y a la charmante petite dame avec ses cheveux de l’enfer qui vienne te chatouiller la main, qui elle, doit tenir le poteau du métro si tu ne veux pas te retrouver tête première sur le sol, car on sait bien que les chauffeurs n’ont jamais appris ce que c’est que de freiner en douceur. Il y a aussi le p’tit monsieur, que tu n’as jamais rencontré de ta vie et avec qui vos fesses font aimablement connaissance. Ah! Et il ne faut pas oublier le vieil homme soul, avec sa drôle d’hygiène, qui décide de venir te parler de ses théories sur la fin du monde à deux millimètres de ton pauvre visage sans défense. Pas besoin d’être pris dans un métro sur l’heure de pointe des jours durant pour devenir fou, dix minutes suffisent amplement.

La STM ne nous fait pas travailler des jours entiers sans nous nourrir jusqu’à ce que nous mourions de faim, mais ça approche. Déjà que notre abonnement mensuel nous coûte cher, il faut qu’à chaque année il augmente les prix. Combien de notre beau 45 $ ou 80 $ mensuels va dans le chauffage? Il fait environs 40 °C l’hiver dans les métros et avec nos manteaux, ça monte à 100 °C. C’est déjà insupportable, mais le pire, c’est de se dire que tout ce chauffage est privilégié pour les employés au comptoir de la billetterie, qui ont de la difficulté à nous faire le moindre sourire. L’air bête c’est aussi dans nos frais mensuel? En plus, c’est génial de dire qu’on paye pour un service de conciergerie quand on a parfois l’impression de nager dans un dépotoir, mais ici, on peut directement pointer les gens qui n’ont jamais appris ce qu’était la différence entre un plancher et une poubelle. De plus, bientôt, ils changeront les trains traditionnels pour un réseau électrique. Alors, bien évidemment, le prix de notre abonnement va encore grimper, et dans quelques années ce sera bien vrai qu’on devra travailler durant des jours sans manger pour pouvoir payer notre moyen de transport.

 Pendant l’hiver, surtout les journées où il fait environ -40 °C sans facteur vent, ou durant les journées de pluies torrentielles, tous les chauffeurs d’autobus décident de comploter contre nous, et inévitablement, ils arrivent en retard, ou tout simplement pas. Bien sûr, il ne nous informent jamais et c’est toujours après 22 h pris dans un petit coin sombre et perdu de la ville avec un individu louche. Nous, les pauvres petits usagés du transport en commun, on se prépare en regardant l’horaire d’avance, peine perdu, on devra tout de même geler dehors et vivre avec l’incertitude que ce bus arrivera finalement. Aussi pénible, ou presque, que si l’on nous laissait dans un endroit isolé sans aucun moyens d’avoir des nouvelles de l’extérieur.

En fait, le plus grand problème avec la STM, ce n’est pas la STM en tant que tel, mais bien les gens. Certaines personnes, quand elles arrivent dans un endroit aussi achalandé que  la station Berri-UQAM, décident de sortir de leur coquille. Pourquoi faire preuve de savoir-vivre quand les personnes avec qui tu voyages ne te reverront probablement plus jamais? Je mange un muffin, pourquoi attendre de trouver une poubelle quand je peux jeter mon emballage par terre? J’ai une histoire super croustillante à propos de ma vie intime, pourquoi ne pas la raconter haut et fort au cellulaire? J’ai un sac à dos, pourquoi ne pas le mettre sur le dernier banc libre dans l’autobus?! J’ai douze ans, alors pourquoi ne pas courir partout et hurler à tue-tête avec mes amis, tant que mes parents ne sont pas là!? J’adore la musique hip-hop, pourquoi ne pas la faire jouer sur les haut-parleurs de mon cellulaire et la faire entendre à tous ceux qui sont dans le même autobus que le mien? Il reste plein de place à l’arrière de l’autobus, pourquoi ne pas rester à l’avant et plutôt laisser les gens se frayer un chemin pour y arriver!?

Bon, c’est vrai qu’on pourrait avoir un meilleur service de transport en commun, mais quand on compare le notre à  ceux existant dans d’autres pays, on peut se compter chanceux.  Comme celui de New York, qui dans son cas, est une vraie décharge publique. Nous n’avons plus de place en ville pour les poubelles ? Pas de problème, mettons-les au sous le sol! Je veux adopter un chat, mais je n’ai plus d’argent ? Aucun problème! Les rats dans le métro sont aussi gros mais ils sont gratuits ! Le plan du métro est incompréhensible? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué! Bref,  quand on se compare, on se console !

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s