Vraiment un choix, la prostitution?

Lors de ma dernière session de Cégep, j’ai dû réaliser une recherche sur la prostitution. Au début de ma recherche, j’étais presque pro-prostitution. Je me disais c’est leur corps, c’est elles qui décident… Je n’ai pas réussi à avoir d’entrevue avec le groupe Stella mais j’en ai eu une avec le CLES, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle. Mon opinion a radicalement changé, je vous partage cet éditorial, parce que je crois que c’est un sujet qui, malgré existe depuis toujours, continue de mériter un débat de société! Partagez vos commentaires, l’expérience sera d’autant plus enrichissante! (Ceci étant dit, c’est mon opinion, mon point de vue, il ne vaut pas plus qu’un autre.)

Le débat sur la prostitution, sa légalité, sa signification et tout ce qui l’entoure dure depuis des lunes. Le débat a été relancé dernièrement suite à un jugement prononcé par la juge Himel de la Cour supérieure de l’Ontario.

Certains articles de lois ont étés abolis mais ces abolitions auront-elles véritablement un effet?

Il y a certains dangers à décriminaliser la prostitution. Il est possible, comme ce qui a été observé aux Pays-Bas, que la prostitution se normalise, qu’elle devienne un travail comme un autre. Selon Chantale Ismè du groupe de Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), le gouvernement des Pays-Bas considère le travail du sexe au même titre qu’une secrétaire ou qu’un avocat. Lorsqu’une femme est au chômage, on lui propose de se prostituer. Cette profession, si on peut la nommer ainsi, reste marginale et est loin de pouvoir s’étendre à la majorité des femmes.

La prostitution est un choix. Pas toujours, rarement en fait.  Les organismes pro prostitution martèlent souvent que c’est un choix, que les femmes qui se prostituent sont majeures et consentantes. Certaines le sont mais ce n’est qu’une infime majorité. À quoi consentent-elles? Ont-elles vraiment le choix ou est-ce leur seul choix? Ne devrait-on pas, en tant que société,  leur offrir plus de possibilités.

Bien que, chose rassurante, la prostitution juvénile soit dénoncée par tous les organismes, qu’ils soient pro ou anti prostitution, les organismes  anti prostitution ne se gênent pas pour rappeler que la majorité des femmes qui se prostituent aujourd’hui ont commencé étant mineures. Pour les groupes anti prostitution, c’est une façon claire de signifier que légaliser la prostitution chez les adultes, c’est de la banaliser et risquer de banaliser, éventuellement, l’impact de la prostitution chez les mineures.

Les séquelles liées à la prostitution sont permanentes. Une femme qui souhaite sortir de la prostitution est souvent seule. Les prostituées ont peu de ressources et elles sont souvent prises avec des problèmes de consommation. Malheureusement, peu d’organismes s’occupe de la cause de ces femmes et ceux qui le font, souvent manque de fond. Les femmes qui ont été battues conservent des séquelles psychologiques et des problèmes relationnels. Il est également difficile, pour celles qui ont été longtemps dans ce milieu, de se réintégrer à la société, essentiellement à cause des préjugés de celles-ci. Avoir un trou de 10 ans dans un CV, c’est difficile à expliquer et peut entraîner beaucoup de jugement dans une société encore trop peu compréhensive des problématiques qu’entraîne la prostitution.

Les bordels seraient-ils la solution pour améliorer la sécurité des femmes? Est-ce que d’avoir un proxénète, quelqu’un à appeler en cas d’urgence pourrait réellement changer quelque chose? Selon le CLES, le plus grand nombre de meurtres et d’actes criminels commis envers des travailleuses du sexe auraient eu lieu dans des bordels. Installer un bouton panique dans une chambre ne changera pas nécessairement le sort de la majorité des femmes qui ont affaires à des clients violents, le temps qu’elle avertisse une collègue ou que quelqu’un se déplace, il y a de grandes chances que le mal soit déjà fait.

Le proxénétisme, qui reste à ce jour illégal, pourrait-il devenir positif? Advenant que les femmes puissent gérer elles-mêmes leur ‘’entreprise’’, puisqu’en décriminalisant ce ‘’travail’’, on donne le titre de chef d’entreprise à ces ‘’entrepreneurs’’, éviterait-on vraiment les abus? Le proxénétisme est de vivre du travail d’autrui. Que ce soit des hommes ou des femmes qui en gèrent d’autres, dans tous les cas, ça reste le fait de profiter d’autrui.

Pour ce qui est du corps de la femme, oui elle consente à le vendre. Bien qu’elle soit d’accord dans certains cas, accepter de vendre son corps à un homme, c’est briser l’égalité des sexes. C’est probablement dans une ligne d’idée très féministe, mais moi qui étais au début presque indifférente ou n’ayant pas de problème avec le fait que des femmes consentantes choisissent  de se prostituer, l’argument d’égalité des femmes tend à me convaincre que ce n’est peut-être pas si inoffensif comme activité. L’égalité des sexes et les séquelles que subissent les femmes dans cette industrie me porte à changer d’opinion, moi qui ais toujours prôné la liberté de choix pour chaque personne, chaque femme, je me demande si c’est un bon choix de société de ne pas offrir d’alternative à ces femmes.

Marianne Durand

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